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Vie après la mort

Types de scénarios pour la survivance

Comment se passe la survivance de "l'âme" après la mort ? Plusieurs options existent, parfois compatibles, car tel type de survivance peut succéder à tel autre (le salut après la damnation ; l'extinction après la réincarnation), ou tel type de survivance concurrence tel autre (soit réincarnation individuelle soit palingénésie collective ; soit enfer soit ciel), ou telle survivance convient à telle espèce de vivants et telle autre survivance à telle autre espèce (paradis pour les humains, métamorphose pour les végétaux et animaux). Pierre A. Riffard a proposé cette classification - schématique - des modes de la vie post mortem :

  • existence neutre : certains théologiens envisagent une subsistance de l'âme, comparable au sommeil, à l'hibernation, au coma, sans sensibilité ni mouvement, une sorte de parenthèse entre l'ancienne vie physique et le futur statut. Ainsi vivraient les âmes après la mort, mais avant la résurrection, entre Terre et Ciel ou Enfer, selon les chrétiens, les musulmans.
  • salut : le mort atteint la béatitude, la libération, la réintégration, la fin des réincarnations, la fusion avec Dieu ou l'Un, le paradis... ; l'âme, donc, ou une âme, ou l'esprit, continue d'être, quoique différemment et pleinement
  • extinction : l'âme, immédiatement après l'existence terrestre ou bien après des vicissitudes (comme la réincarnation), disparaît, elle s'évapore. Selon le Bouddha, qui éclaire ainsi la notion de nirvâna ("extinction"), il se produit, à la fin des cycles de renaissances (le samsâra), un "épuisement complet", comme le feu qui a consumé son combustible ; l'âme, alors, cesse d'être, pour se disperser ou s'annihiler.
  • existence larvaire : après le décès, survient une vie ralentie et vaine, qui dure un certain temps, et se dissipe comme fumée. L'âme perd peu à peu sa substance. C'est la conception d'Homère (Iliade, V, 395 ; IX, 569 ; XXIII ; Odyssée, XI).
  • existence stellaire : après la mort, l'âme s'élève au ciel et se change en étoile ; l'âme, le "souffle", retourne au monde supérieur, supra-lunaire, dont elle est issue. Pour les pythagoriciens, les âmes dépouillées de leur corps suivent la voie lactée, car les âmes sont composées de lumière astrale (Héraclide du Pont, fragments 93-99). On parle de "religion astrale".
  • existence démoniaque : le mort se fait démon, fantôme, vampire, mâne, mort-vivant...
  • damnation : l'âme va en enfer, l'enfer étant un lieu ou un état ou un moment ; Matthieu : "dans la fournaise ardente, là seront les pleurs et les grincements de dents" (XIII, 42)
  • transmigration par réincarnation : le transvasement de l'âme post mortem se limite aux corps physiques d'hommes. L'âme se conserve en partie pour émigrer dans un nouvel organisme humain. Napoléon, selon Talleyrand, se prenait pour une réincarnation de Charlemagne.
  • transmigration par métempsycose : l'âme ou un élément psychique reprend corps dans une plante ou un animal, ou dans un corps d'homme (c'est la réincarnation), parfois dans un minéral ; selon swâmi Dayânanda Sarasvatî,
"en punition des péchés physiques, un homme renaîtra sous forme végétale ; pour les péchés de la parole, il prendra la forme d'un oiseau ou d'un quadrupède ; et, pour les péchés de la pensée, il vivra dans les conditions humaines les plus basses" (Satyârtha-prakâsha, vers 1870, trad., Adrien-Maisonneuve, p. 335).
  • transmigration par palingénésie : c'est l'Éternel Retour au niveau des âmes, quand les âmes revivent les mêmes choses après des milliers d'années. Selon les stoïciens, au terme de 365 fois 10.800 années (la Grande Année selon Diogène le Stoïque), le monde s'embrase et tout recommence exactement pareil, avec les mêmes hommes, les mêmes actes, dans les mêmes lieux. La transmigration se fait collective, cosmique et cyclique.
  • métensomatose, re-naissance : c'est une transmigration qui concerne, non pas l'âme, mais le seul corps. Le bouddhisme originel, qui nie la notion d'âme, accepte ce passage physique, où le corps transmet à un nouveau corps les éléments de l'ancien (ou des éléments psychiques, mais pas l'âme).
  • métamorphose : c'est un phénomène quasi biologique, comme le tétard qui se mue en grenouille, ou un phénomène physique, comme les poussières qui deviennent de nouvelles vies. Leibniz défend cette croyance, du moins pour les non-humains :
"Comme les animaux généralement ne naissent point entièrement dans la conception ou génération, ils ne périssent pas non plus entièrement dans ce que nous appelons mort... Quittant leur masque ou leur guenille, ils retournenet seulement à un théâtre plus subtil... Ils ne sont que développés, enveloppés, revêtus, dépouillés, transformés... Il n'y a donc point de métempsycose, mais il y a métamorphose. Les animaux changent [telle la chenille en papillon], prennent et quittent seulement des parties" (Principes nouveaux de la nature et de la grâce, § 6).
  • états multiples de l'être : l'individu - pas forcément mort - participe à la vie cosmique, il s'identifie spirituellement aux êtres. Les Celtes semblent adhérer à cette notion dans ce texte : "J'ai été sous de nombreuses formes... Je suis clerc... J'ai été mot parmi les lettres... J'ai été route, j'ai été aigle, j'ai été coracle sur la mer, j'ai été l'effervescence de la bière."